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Diane Robert
Douleur de glace © 2006
La douleur laisse sortir cri spontané, même à sa millième manifestation. La crampe elle, paralyse le muscle qui se contracte et se décontracte Laissant paraître sur le visage la grimace de la crispation, de la douleur.
Le spasme lui, se présente à tout moment sans avertissement. En action puis en attente, comme celle qui immobilise. L’incertitude de sa force, de sa durée exige patience.
Les sursauts surprennent les autres qui se regardent gênés, mal à l’aise. Cette douleur-là joue avec nous à la marionnette. Elle surprend mais elle est très tolérable.
Les muscles se transforment en une ecchymose répandue, de la tête aux pieds. Ce gros bleu qui répète inlassable que la vie a un prix.
L’épuisement s’insinue dans la tête, le corps et le cerveau. Il crée l’urgence de s’étendre, de s’allonger Pour réduire le malaise, la nausée.
L’insomnie qui active les neurones. Les pensées sont rapides comme les mouvements oculaires. Rapides comme ceux du sommeil paradoxal. Les yeux qui brûlent, l’esprit qui s’active.
Le feu invisible qui atteint la peau qui brûle, qui brûle. Impuissante je suis à réduire ce feu. Je suis une plaie vive qui se lamente.
La démangeaison celle qui pique comme une aiguille. Surprenante qui transperce les fibre de ma chair sans crier gare.
L’engelure des arcades sourcilières comme des plaques glacées Le froid se faufilant entre le derme et l’épiderme. Inguérissable et éternelles froidures.
De mes hivers gelés, mon corps concurrence. Le froid glacial, la blanche beauté que je regarde n’est en fait Que la glace dans mon sang et la clarté, le reflet insondable de ma lueur blafarde.
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